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mardi 30 mai 2017

Comprendre la notion d’engagement et l’univers concentrationnaire: Jean Gilbert et Walter Bassan


Le mardi 3 mai 2017, deux résistants ont fait le témoignage émouvant de leur expérience de la Seconde Guerre mondiale afin que les élèves puissent comprendre  la notion d’engagement - qui peut être intimement liée à la notion de sacrifice - et l’univers concentrationnaire, à Dachau en particulier. Dans le cadre scolaire de cette thématique sur la shoah a déjà été longuement étudié en classe; les préparatifs de cette rencontre avaient débuté lors de l’exposition sur la déportation en fin d’année 2016 au lycée; la venue des deux résistants est en quelque sorte le point d’orgue de cet objet d’étude terrifiant et fascinant.
Deux hommes qui font de la résistance le combat de leur vie ont su éveiller la conscience des lycéens, tous citoyens de demain. Les mots clés de ce mardi de conférence étaient: liberté, résistance, valeurs humaines, valeurs républicaine, engagement, volonté, courage… il n’y aura jamais assez de mots pour qualifier justement cette rencontre unique et inoubliable entre des générations différentes (résistants, professeurs, élèves).
Le matin, une première conférence s’est déroulé au lycée Freppel avec quelques classes de premières. Les paroles de Walter et Jean ont suscité beaucoup d’attention et de réflexion.
Le même jour, l’après-midi cette fois, une autre conférence a eu lieu dans l’auditorium du lycée Paul-Emile VIctor. Pendant deux heures encore les deux hommes ont témoigné et ils ont aussi fait passer leurs messages vis-à-vis de la démocratie.
C’est la classe de seconde quatre qui a ouvert la conférence en récitant le poème “Liberté” de Paul Eluard sous la direction de Mme Grossman (professeure de lettres classiques au lycée Freppel). L’émotion battait déjà son plein malgré le trac des élèves. Ce poème fut une captatio benevolentiae efficace dans la mesure où l’auditorium était immédiatement captivé par ce qu’il se passait devant.

“J’en ai eu marre”

 Walter a été déporté à Dachau à 17 ans après un acte de résistance à Annecy (il distribuait des tickets d’approvisionnement et faisait passer du courrier afin de rejoindre les makis alpins car il en a “eu marre” de vivre oppressé) lorsqu’un de ses soit disant copains les a dénoncé lui et son petit groupe. S'ensuivit une semaine de torture et d’interrogations avant de rejoindre la prison Saint Paul où les prisonniers se sont rebellés pendant trois jours environ avant que les SS ne reprennent le dessus et déportent tous les incarcérés. C’est après un long voyage en train que Walter atterri à Dachau où il resta un mois avant d’intégrer le commando de Kempten. A sa libération, il naquit une seconde fois. Pour lui, revenir à Dachau n’est pas une contrainte, mais un devoir de citoyen. C’est ce qu’il a expliqué aux élèves de première littéraire avec qui il s’est rendu dans ce lui le mercredi 4 mai. La météo ensoleillé n’a pas atténué la froideur ni la pesanteur du camp une fois avoir passé la porte où est inscrit “ARBEIT MACHT FREI”.

“Je n’avais pas d’arme, on m’a dit “prenez celle d’un mort”.”

Jean, quant à lui, s’est engagé dans les Forces Françaises Libres avant même d’atteindre sa majorité. Il n’en pouvait plus de subir l’occupation et n’acceptait ni la soumission ni la collaboration de la nation entière avec l’ennemi allemand. C’est pourquoi il a eu vent de l’appel du général De Gaulle et s’est aussitôt démené pour parvenir jusqu’en Afrique où une nouvelle quête commença pour lui. Jean a des traits de personnages de romans, car après avoir fuit, utilisé une fausse identité, voyagé autour du bassin méditerranéen pour libérer la France, après avoir attaqué les allemands, s’être blessé au pieds il n’a jamais cessé de se battre pour la liberté. Même avec un pied mutilé il a continué à conduire et à vouloir servir la France. Cependant il a été fait prisonnier de guerre en Alsace mais grâce aux accords militaires entre la France et l’Allemagne, il a été sauvé de la déportation. Toutefois il en a vu un aperçu lorsqu’une fois un train s’est arrêté non loin de lui et de ses camarades et il a été choqué de voir des gens qui “mangeaient de l’herbe”. De retour en France après la libération, Jean a dû faire face à une montagne de papiers administratifs étant donné qu’il avait été déclaré disparu et/ou mort pendant la guerre.

Leur combat n’a pas encore pris fin. Encore aujourd’hui ces deux grands hommes se battent pour les valeurs humaines, républicaines et pour la liberté. C’est cela qu’ils veulent nous transmettre afin de devenir des bons citoyens et de nous comporter en tant que tels.

Julie Feger-Fischer











 Photographies de Ley T. 

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