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samedi 29 avril 2017

JO 2024 : à la fin, il n'en restera qu'un


Plus le temps passe, moins les candidats se bousculent. Mercredi 22 février, c'est la capitale hongroise Budapest qui a fini par jeter l'éponge dans la course à l'organisation des Jeux Olympiques 2024. La faute à une pétition qui a recueilli plus de 200 000 signatures, le mouvement l'ayant lancé estimant que des investissements dans les domaines de l'éducation et de la santé seraient plus judicieux. Il est vrai que les JO s'apparentent souvent à un gouffre financier : les dernières olympiades de Rio n'échappent pas à la règle, certaines infrastructures à l'origine destinées à être ouvertes à la population locale après les Jeux sont laissées à l'abandon et tombent presque en ruine, à l'image du centre aquatique dont les bassins ont depuis pris une couleur brunâtre, ou encore du stade Maracana, théâtre des cérémonies d'ouverture et de clôture, dont la pelouse ressemble désormais plus à un champ de pommes de terre qu'à un terrain de football. Et les exemples de sites olympiques laissés à l'abandon sont nombreux : la piste de kayak de Pékin-2008, le stade de volleyball d'Athènes-2004, ou encore le stade olympique d'Atlanta-1996, qui a purement et simplement été rasé pour laisser place à un vaste parking !
Budapest est ainsi la 4ème ville à retirer sa candidature, après Rome en octobre 2016, Hambourg en novembre 2015 et Boston en juillet 2015, qui a toutefois été remplacée par Los Angeles. A cela s'ajoute la candidature de Paris, ce qui porte à l'heure actuelle le nombre de villes candidates à … deux. Le plus faible total depuis la création des Jeux Modernes. Cette pénurie de postulants révèle-t-elle un manque d'intérêt pour l'une des plus grandes compétitions sportives de la planète ? Rien n'est moins sûr, puisque la liste des disciplines dites « olympiques » ne cesse de croître. En effet, après l'intronisation du rugby à sept et du golf pour Rio-2016 s'ajouteront celles du surf, du karaté ou encore du baseball dès Tokyo-2020.
Ces retraits en cascade pourraient bien faire l'affaire de la capitale parisienne, désormais seule en course avec Los Angeles. En effet, la candidature française dispose désormais d'un boulevard pour obtenir l'organisation des Jeux, exactement un siècle après les avoir accueillis pour la dernière fois (sans compter les Olympiades d'hiver de Chamonix en 1924, Grenoble en 1968 et Albertville en 1992). D'autant plus qu'elle dispose d'un soutien de poids, bien malgré-lui d'ailleurs : Donald Trump ! Et oui, bien qu'il soutienne officiellement la métropole californienne, le néo-président des Etats-Unis a provoqué une onde de choc en annonçant le muslim ban, finalement remis en question. S'il ne porte pas directement atteinte au Comité International Olympique et à ses membres, le traité anti-immigration s'élève néanmoins contre les valeurs de l'olympisme, chères au baron de Coubertin, le fondateur des Jeux Modernes. A l'exact opposé, la candidature de Paris met en avant le partage, comme le souligne son slogan Made for Sharing, alors que celle de Los Angeles pourrait être une victime collatérale de la volonté protectionniste de Trump …
Si rien n'est encore joué, les Français se prononcent majoritairement pour l'organisation des JO 2024 à Paris, bien que son slogan ne fasse pas l'unanimité : si les organisateurs y voient là l'occasion de donner un caractère universel au projet, les défenseurs de la langue de Molière se désespèrent de voir un anglicisme illuminant la Tour Eiffel et la candidature française.
Verdict le 13 septembre prochain au Pérou, où l'on connaîtra le nom de la ville qui aura le privilège d'organiser les 33èmes Jeux Olympiques d'Eté de l'ère moderne. Le projet de Los Angeles a du plomb dans l'aile, à Paris d'en profiter … 

Thomas Meyer

Crédit photo: ''Made for Sharing, un slogan loin de faire l'unanimité (crédits photo : AFP)''
 

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